Eric Rolland Bellagamba

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Texte de Jean Klépal sur les peintures d'Eric Rolland Bellagamba Nomade:
 

« Nomade » est le titre générique de la série. Il s’agit de peintures de formats variés.

Un personnage, seul, vu de dos, chemine une sorte de rêverie désertique. De tableau en tableau sa position n’est pas la même. Il est donc question d’un parcours. La vision est toujours frontale, la silhouette semble pénétrer peu à peu la densité d’un rideau de scène où chatoie un brouillard coloré très lumineux. Les matières sont opulentes, l’or est présent, et cependant ces œuvres sont empreintes d’humilité, désencombrées de tout accessoire. L’ambiance minimale pourrait renvoyer à Turner ou à Claude Monet. Nous sommes dans la peinture-peinture. Libre, joyeuse, somptueuse, fière d’elle-même.

Ces peintures répétitives, presque obsessionnelles ?

Elles racontent une histoire, pour chacun, à chacun. Proches de la perfection, elles demandent d’être prolongées par un apologue personnel.

Il est fort difficile de passer sans réagir, de les affronter sans s’arrêter. L’artiste, maître en nomadisme, nous tient sous son regard. Il a quelque chose à nous faire dire.

Quelles intuitions nous visitent-elles, pour quelles vérités ?

La Vie sans doute. La Vie rendue possible et attractive par les lueurs, parfois les éclats, du lointain. Si fortes, si totalement présentes, qu’elles s’imposent et emplissent la totalité du champ de vision. Impossible de leur échapper. Alors commence la longue marche d‘un apprentissage jamais fini. Le nomadisme ignore la cesse.

Il convient de viser ces lueurs les sachant inatteignables. Tenter seulement de progresser jusqu’au plus près, comme de parvenir à la margelle du puits, à l’oasis. Apercevoir la Terre Promise suffit, nul besoin de la posséder. Le but est atteint dès lors qu’on s’en approche suffisamment pour le contempler. Vérifier, et puis lâcher prise. Le chemin est accompli. Bienfaisante sérénité.

Etre disponible à ce qui se présente, accepter de recevoir l’inattendu, conditions pour envisager la plénitude, enseignent ces peintures. Elles disent aussi que la Vie n’a pas de prix, qu’elle n’est presque rien, à peine une biffure sur l’éternité.

 

(Outre ses activités de peintre et de dessinateur, Eric Rolland alias Bellagamba est auteur et illustrateur de livres pour la jeunesse. Grandir, Lirabelle, Le bonhomme vert, Winioux, SD Edición Barcelona, l’éditent.

Créateur de lumières et scénographe, il collabore à des spectacles vivants, ainsi qu’avec des musées.

Il a notamment procédé à la mise en lumière permanente de l’Hôtel de Ville, de la Primatiale Saint-Trophime et du patrimoine historique d’Arles.)



Texte de Lia Giachero sur "Tous les chemins mènent à Rome"

C’est une expérience intéressante de parler des oeuvres d’un artiste français qui considère Rome comme une boussole, infaillible car c’est là que toutes les routes conduisent. Dans les peintures d’Éric, il y a la Rome classique, qui a fait d’Arles, sa ville, l’une des villes les plus importantes de la Gaule et l’a remplie de statues dont la célèbre Vénus, et la Rome de la Renaissance, celle dans laquelle Michel-Ange a peint la chapelle Sixtine, une référence incontournable pour ceux qui vivent par et pour l’art. Entre le premier et le second et entre le second et le contemporain, l’éternel nomade qu’est l’artiste à la recherche de clés pour comprendre ou transfigurer la réalité. Et tout cela étudié, rêvé, enquêté Rome est hébergée à Tortona, également une ville romaine.

Je pourrais aussi clore ici, vous en savez assez pour vous déplacer entre les tableaux, les observer, les réfléchir et les intérioriser : c’est pour celà que nous visitons les expositions. Mais je ressens le besoin d’en dire plus. Qu’un artiste contemporain et surtout français - c’est-à-dire appartenant à un peuple qui ressent une fierté nationale intense - rende hommage à Rome signifie qu’il est profondément conscient de ce que signifie l’identité méditerranéenne et de la contribution des Romains antiques à sa création. La langue, les lois, la monnaie, les routes, les aqueducs, les arènes et les théâtres, les arcs de triomphe et les temples étaient les mêmes pour tous les pays surplombant la Méditerranée. Les citoyens se déplaçaient librement (d’anciens préceptes coutumiers requis pour renvoyer ceux qui avaient perdu leur chemin et pour accueillir les naufragés), échangeaient, se déplaçaient du centre vers la périphérie et vice versa et il est peut-être arrivé qu’une famille d’origine espagnole ou syriaque donne à Rome un empereur. Et chaque peuple conquis a contribué à créer un peu de ce monde, déclinant la romanité à sa manière. Image trop idyllique ? Bien sûr, pour ceux qui ont à l’esprit en particulier les guerres, les massacres, les luttes internes, l’esclavage, les jeux de gladiateurs, certains administrateurs corrompus comme Verre, il en est ainsi, mais la sagesse populaire nous conseille de ne pas jeter l’enfant avec l’eau du bain. Dans un monde où les frontières redeviennent blindées, les cultures ne dialoguent plus et les religions sont revenues à la guerre, il est difficile de ne pas ressentir de nostalgie pour ceux qui pourraient se déplacer de Rome à Massalia, de Massalia à Italica et de là à Leptis Magna et de retour, parlant la même langue, trouvant un temple dans lequel sacrifier librement à ses dieux et protégés (ou entravés, selon les cas) par les mêmes lois.

Rome la pratique, la guerrière, la législatrice avait pu élaborer ce que la Grèce des poètes, des philosophes et des artistes lui avait enseigné et - des siècles après une opération analogue, mais à plu- sieurs reprises vers l’Est, réalisée par Alexandre le Grand - avait pu la diffuser. Les artistes avaient également eu un langage commun et une règle d’or : regarder la nature. Ainsi, l’histoire de l’art d’Europe occidentale a été traversée par des retours cycliques à l’inspiration du classicisme quand il a ressenti le besoin de se renouveler. L’étude de l’ancien marque également la formation de Michel-Ange, qui pourra engager tous ses problèmes de catholique agité sur cet héritage formel. Après tout, dans la Sixtine, nous voyons, bien que tourmentés par une conscience entièrement chrétienne et la peur du jugement, des corps monumentaux, faits de cette chair et de ce sang dont les Grecs et les Romains nous ont d’abord appris à être conscients et qu’ils nous avaient conduit à recréer avec du marbre, du bronze, des brosses, des carreaux de mosaïque. Toutes les routes mènent vraiment à Rome.

"Sixtine Janvier 2019,

un nouveau séjour à Rome, émotion toujours présente devant la Pietà dans l’opulence de la Basilique Saint Pierre.

Je délaisse la Sixtine. Le gris mouillé et glacé, la lumière incertaine de janvier auraient pu en être les raisons. Le souvenir me suffisait-il ?

Celui des flots de visiteurs venus ajouter une ligne à leur catalogue de voyage ou celui de la nuque endolorie par la vision en contre-plongée. Peu importe la négligence, l’or et l’outremer pouvaient encore honorer la mémoire et dire l’art. Sur la toile, des êtres emblématiques, étonnés, révoltés, dévoués s’oublient dans les fastes du sacré.

S’il suffisait de lever les yeux au ciel pour atteindre le Paradis, ici bas ne serait plus qu’un désert assoiffé de nature et d’humanité. Dans le carré de la terre, il est question de peinture pour saluer le maître. "

Éric Rolland Bellagamba - février 2019


Et de l'oeuvre de Pelizza da Volpedo à celle d'Eric Rolland Bellagamba avec le quarto stato qui a inspiré tant de mouvements de luttes dans le monde. 
Pour Eric, la sortie de ce brouillard actuel qui nous enveloppe est à chercher dans toutes les créations et dans les élans collectifs. Pour se libérer par la couleur, la vie, la mémoire, les ombres qui prennent forme.

 

 


 

 

 

Thierry Ozil

Du mouvement, des portraits rares, des colorisations très travaillées

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Une vingtaine de lieux dans la ville pour des expositions présentant le travail de photographes du monde entier. Rencontres, débats, soirées dans le théâtre antique

 

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Bruno Chavanne 

peintre plasticien pour des peintures, des installations et des créations appliquées.

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Le temps passe, mes objets le jalonnent

« Un ensemble de panneaux peints rassemblés à même le sol vaste plan horizontal venant en intersection avec notre espace propre, est paradoxalement perçu comme un volume.

Un espace pictural travaillé, abouti, soumis à la transgression d'un corps à corps, livré au parcours aléatoire d'un pas à pas intime, se révèle lieu d'intermédiation, entre terre et ciel.

Un monochrome succombe devant un effet de perspective lorsque ses lignes de fuite se profilent en autant de lignes d'horizon.
Une image originale, singulière se joue de ses reproductions en série placées en vis à vis.

Des boites vernissées et colorées s'entrouvrent sur leurs versants contraires, tréfonds et pénombres.

Un film 35 millimètres réinséré dans le champ pictural laisse transparaître ses images séquentielles mais, à distance, se transmute en une autre image, image totalisante, image unique.

Des totems érigés, bouteilles à la mer, carnets flottants, livrent d'improbables messages, si peu explicites, murmures isolés.

Une simple valise, comme abandonnée sur le quai d'une gare, tour à tour menaçante ou dérisoire, secrète au fil des indices l'idée du sacré jusqu'à devenir tabernacle.

Des palimpsestes s'articulent en procession des repentirs et attestent de la puissance d'un cheminement.

Des impressions par jets d'encre sur dibonds ou papiers portent le dialogue entre homme et machine. Echappées vers d'autres rivages.

Supports et matières, loin de leur première fonction, se conjuguent en une étrange alchimie. »
                               

 

                                                                                                                    Bruno Chavanne

 Peintures et Photographies des amis

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Jean-Marie DART

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"La trace des entrailles est là, toujours à l'oeuvre dans son chaos premier mais élaborée, hésitant entre liquidités et consistances des formes. La peinture de Jean-Marie Dart se situe aux limites de promesses qui disent leurs fragilités."                       Didier Paquette

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Anne Uemura Van Hecke

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Entre photos et Peintures

 

 

 

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Béatrice Grenet

son site 

 

"Peindre c’est à la fois être libre, dégagé du sujet, en recul et dedans, vivant, paisible, tout le contraire de contraint, prisonnier, confus, figé."  

                                                                                                                               JPF

 
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