En Andalousie, dans les années post-franquistes, un loueur de pédalos emploie Bernard, un jeune Français, circumnavigateur pour recruter une nymphette capable d'attirer des clients.

Bernard a accepté ce petit boulot pour financer une traversée de l'Atlantique sur son voilier. Jusqu'où va-t-il aller dans le compromis pour mener à bien son projet ?

A Puerto de Palos d'où est parti Christophe Colomb pour sa traversée vers les supposées Indes, il rencontre des religieux décidés à sponsoriser un voilier avec un équipage de prêtres pour participer à la course organisée dans le cadre du 500ème anniversaire de la découverte pour valoriser l'image du catholicisme.

Bernard imagine alors un projet fou autour de l'enfant à naître sur son bateau et des prêtres navigateurs.

Mépris dans le couple, trahisons et compromis.

 

Début du roman :

Son client le lui avait répété suffisamment pour créer chez lui un automatisme: « Quand le kiosque de la plage se videra des derniers consommateurs, vous devrez l'entraîner sur le sable à côté du hobby cat jaune et rouge, vous devrez provoquer un climat tel que la promenade s'imposera... »

La sevillana chantée par les deux garçons à la terrasse du café ouvrait la nuit à force de cris et de défis.

Sur la plage, les lueurs venant de tout le village laissaient deviner les formes issues des jeux de l'après-midi, les ruines d'un château, une femme allongée, des pâtés, des barrages, une tapisserie de coquillages. La présence des centaines de vacanciers ainsi suggérée accentuait l'impression de solitude du moment. L'abandon du terrain rendait exceptionnel le moindre craquement et laissait espérer que la nuit allait se lever et arracher son voile.

Le travail négocié le matin lui parut subitement excitant: vendre à son insu une fille à l'entrepreneur de pédalos. Le dernier gin-tonic avait accéléré les enchaînements de formules sur les fresques de Lascaux reproduites dans le salon de l'hôtel La Conquista. La simplicité des dessins et leur force réclamait un enfournement de son nez dans une cavité d'oeil pour y nicher une respiration hachée. Il avait négocié et convaincu Ramón Furno qu'une petite en figure de proue sur un de ses pédalos avantagerait considérablement l'exploitation de son affaire de jeux d'eau.

Il s'était glissé dans ses sandales indiennes pour mettre en valeur son pied dessiné comme un bas de dos. Chaussé ainsi, il savait que les regards s'attarderaient sur ses pas plus qu'il n'était nécessaire pour repérer le chemin à suivre. Dans ces circonstances, pensent-elles instantanément au pied qu'elles pourraient se prendre? Cette fois, la fille pressentie ne devait pas se douter où elle mettait les siens. Ramón avait été formel.

- Bernard, tu ne laisseras pas de traces, si les essais sont concluants et que le produit peut faire l'affaire, tu iras à l'extrémité de la baie et tu le traiteras comme il faut sur la presqu'île entre ria et océan.

En marchant à la recherche des filles possibles, il se prenait à gamberger: « si le geste du peigne pratiqué sur un même sujet peut répéter la jouissance sans presque jamais lasser, se pourrait-il qu'une petite à l'avant d'un pédalo puisse lancer de telles invitations? Chaque coup de pédale serait autant de promesses réitérées, une galère orgasmique battrait les crêtes des vagues. »

Pressé de s'enflammer au soleil par les visions andalouses qui usent des maillots et de toutes les suggestions pour rappeler les évidences vitales que d'autres veulent dissimuler sous leur nudité vide, il aperçut au détour d'une dune un pantalon de velours qui indiquait le chemin de la mer. Celle qui avait sollicité toutes ses coutures pour souligner tous les galbes était blottie dans une petite combe. Elle était plongée dans un livre sur la course des lévriers en Irlande du Nord.

Abruptement saisie par l'épaule, elle découvrit sa casquette à visière et laissa échapper un mélange de transpiration et de sel. Son expression ne cherchait qu'à combler le regard et la respiration de celui qui attendait ce geste pour engager une course contre l'absence.

- Qu'est-ce qui t'amène par ici ?

- J'étouffais à la maison, j'ai voulu essayer ailleurs. J'ai suivi de loin un groupe

qui avait l'air de s'amuser. Ensuite j'ai croisé un chien, il trottinait en regardant de temps en temps derrière lui, il était peut-être content que je m'intéresse à lui.

- Les chiens, tu les préfères chauds ou froids?

- A 37° ou en tout cas à la température qui fait battre leur coeur sous les caresses.

- Tu sais, je viens de plus en plus souvent à cette heure-ci pour m'habituer aux grandes masses d'eau sombre. Pour le moment, je peux me mettre à l'abri dès que l'angoisse m'envahit, mais bientôt, je serai à la merci des vagues, je pourrai juste essayer d'éviter de prendre de front les plus menaçantes.

- Tu as un bateau ?

- Oui.

- Tu vas loin ?

- De l'autre côté de l'horizon et le problème, c'est qu'il se déplace, alors, c'est difficile de savoir combien de temps il me faudra pour arriver. J'ai déjà fait quelques sorties en mer. Je commence à bien connaître les réactions du bateau au vent. Mais quand je me penche sur le plat-bord, mon image est différente de celle qui apparaît dans un miroir.

- Je connais tous les recoins dans les dunes. Je sais où me cacher si Gerardo a la prétention de me chercher.

- Qui est Gerardo ?

- C'est celui que mes parents enverront si je ne rentre pas ce soir.

- Pourquoi, c'est lui ton petit ami ?

- C'est ce qu'il croit parce que je lui laisse me dire je t'aime et m'embrasser sur le coin des lèvres.

Elle avait ramassé son pantalon, enfilé un tee-shirt et était sorti de son refuge pour parler à cet homme inquiet et souriant.

Lolita entraînait Bernard vers l'eau à grandes enjambées. Chaque pas était l'occasion d'une passe ensablée. Et c'est en esquissant un coup de pied qu'elle démolit une petite butée d'un barrage destiné à empêcher l'eau de la flaque de rejoindre l'océan.

S'apercevant de ce qu'elle avait provoqué, elle se lança dans une lutte acharnée contre l'écoulement. Son pantalon blanc adhéra de plus en plus aux jambes, prit une couleur chaire avec des taches de sable. Elle voulut arrêter ce flot. La seule tache qui l'obsédait, consistait à stopper l'hémorragie dans le noir avec la présence de cet homme à ses côtés. Il essaya de l'entraîner plus loin en la prenant par la main. Il n'avait aucune envie de se mettre à creuser. Elle, sans effort, se détacha et emportée par ses travaux intimes dit :

- Il faut que je termine.

Une vague de cheveux, en se rabattant sur le visage obscurcit le regard qui se fit plus dur et lointain. Il pensa alors la laisser s'épuiser. Mais, une telle force émanait de ses gestes désordonnés qu'il se retint à plusieurs reprises de la rejoindre dans la mêlée.

Pour mener à bien son travail, ce pourquoi il allait être payé, il devait garder un contrôle minimum de la situation.

Et si Gerardo s'était déjà lancé à sa poursuite! Cette petite ne paraissait pas aussi abandonnée qu'il aurait été souhaitable.

En surveillant les silhouettes qui s'approchaient de l'eau, Bernard évalua les possibilités qu'elles connaissent celle qui se débattait contre les fuites.

Son observation fut perturbée par le solo de guitare de Dire Straits qui s'échappa d'une des maisons du bord de plage. La dernière fois, c'était dans une boutique de vêtements de Stockholm quand il se baladait avec Tania. Standards internationaux qui vous font oublier les différences, mais aussi refrains qui jouent les points de suspension en rappelant que nous sommes suivis le long de nos déplacements par des stimulants détachés de tout espace territorial.

Après de multiples essais de professionnalisation Bernard croyait que son départ en mer lui renverrait sans fin cette image de lui-même qu'il avait apprise à aimer. Le contrat conclu avec Furno devait lui permettre d'acheter les conserves et autres provisions nécessaires en cas de traversées prolongées. Il pensait être suffisamment pris par son projet de voyage pour réaliser cette opération commerciale avec détachement.

- Je vais y arriver, j'ai réussi à remonter les bords.

Et comme il ne répondit pas, Lolita cria

- Bernard, regarde, tu n'es pas parti, alors regarde !

Il se retourna et il perdit ce qu'il croyait être sa vie. Il se trouva transposé, reposé dans le coeur de l'autre: S'il répond, n'est ce pas parce qu'elle le touche, là où il demeure ? Son retournement le livre à une parole perdue: qui es-tu ? Toi qui sais mon nom ? Pour répondre à l'appel de son nom, il faut mourir à soi-même ou du moins que l'on ne cherche plus en l'image de soi-même sa raison de vivre.

L'eau avait été stoppée par Céline-Lolita. Elle se dressait trempée et haletante, les yeux brillants, farouche. Sa sensualité n'était plus contenue, elle s'imposait dans l'arrangement des mèches et dans la reprise de son souffle. Son corps était parcouru par des ondes que Bernard était prêt à recueillir.

Il voulait se protéger et en même temps accrocher son attention. Il se saisit d'un de ces multiples papiers qu'il se mettait dans les poches pour les lire aux femmes à séduire. Apprendre par coeur, savoir de mémoire, plutôt en traduisant littéralement de l'espagnol saber de memoria. Impossible, incontournable, comme si une force voulait pointer son manque de sincérité littéraire amoureuse. Il avait choisi quelques vers de William Blake écrits en 1794.

- Je voudrais te lire quelque chose.

Et aux pieds du barrage, à deux doigts d'une caresse, il commença:

 

Ma mère gémit ! mon père pleura

Dans le Monde dangereux, je bondis:

Impuissant, nu; criaillant fort

Comme un démon caché dans un nuage

 

Luttant dans les mains de mon père

Me débattant contre mes langes

Lié et las je trouvais mieux

De bouder sur le sein de ma mère.

 

Etait-ce à propos, serait-ce une bonne illustration de l'instant vécu ? Naissance simulée, jouée, lue, écartant les plis de chair pour venir échouer au bord de la mer.

- Les mains de mon père et le sein de ma mère sont bien loin, je voudrais aller me baigner, j'ai plein de sable partout.

Il voulait reprendre l'initiative, depuis quelques instants, placé en situation de spectateur, il lui fallait inventer un acte.

- Si tu veux, je t'emmène sur un pédalo, Furno m'a donné la clef de ses cadenas. Nous pourrons plonger en nous éloignant de la rive.

- C'est génial, une ballade en pédalo, la nuit.

En attendant, il exécutait un poirier, une roulade et quelques autres exercices corporels. La tête en bas, en extension parfaite, il lui demanda d'aller chercher la guitare qu'il avait laissée près du kiosque. Un petit blues, les pieds dans l'eau, étonnant! D'un coup de rein, il se rétablit et courut pour arriver avant elle. Il voulut attraper les cordes et cette fois il plongea pour la recevoir. Surprise d'être devancée, elle se laissa tomber et tenta d'amortir le choc. Embrassés, bras et jambes mêlées, la guitare désormais inutile, les langues se trouvèrent et se délièrent. Les lèvres débordantes de générosité étaient euphoriques et se lançaient dans un ballet aux passes sans cesse renouvelées.

Une première frontière étant traversée, le voyage pouvait continuer plus tard, les promesses d'inconnu étaient lancées. Un craquement d'os indiqua que certains mouvements se faisaient en force, que les vagues sensuelles n'avaient pas encore fait tout leur travail de sape. Petite poupée articulée deviendrait grande. Mais il avait toujours été stoppé par les bruits de jointure. Quand un minot, à l'école de curés d'en face faisait une démonstration de castagnettes en jouant avec ses doigts, il se figeait, se bouchait les oreilles et souffrait en silence. Le ciel était lumineux à force d'étoiles.

- Tu as vu l'étoile filante ? Fais vite un voeu pour nous.

Il avait noté toutes les heures de passage des satellites, il pouvait ainsi se prévoir une étoile dans les moments stratégiques. La petite pointait son sein en direction de la plage et semblait hésiter. Le regard disponible à de nouveaux jeux laissait pourtant imaginer qu'il allait falloir vaincre quelques peurs. Les silhouettes s'unissaient deux par deux tout au long de la rive. Ils devaient se dépêcher avant que la masse de touristes ne forma un mur glauque.

La foule à l'aspect si homogène, quand on en avait une vue d'ensemble, réanimait la plage. La nature des jeux changeait. Le sable allait être malaxé par le froissement des corps.

- C'est Montparnasse, un vendredi soir, tu vois, c'est un peu pour ça qu'il faut partir en mer.

- Tu n'aimes pas les sevillanas où tout le monde se retrouve ?

- Mais il ne s'agit pas de ça, ils viennent baiser en troupeau!

Céline Lolita fit la moue et proposa

- On pourrait peut-être le déranger, ce troupeau. On va s'éloigner avec le pédalo et moi, je me charge de modifier leurs plans préfabriqués.

L'excitation, l'appel du jeu lui enveloppait les cheveux. Elle fonçait dans la direction où elle avait été invitée, sûre d'avoir eu, seule, l'inspiration de l'événement.

Ces ombres sur la plage ne venaient pas seulement de Huelva, Sevilla ou Córdoba, mais aussi de Poitiers, Villeneuve-Saint-Georges et Nancy, de Francfort, Munich et Berlin. La réaction andalouse à l'encerclement par les armées étrangères, à base de tranchées et de faim avait accentué l'ancrage dans le tragique pendant la guerre civile. En ces années 80, le Funky sortait des transistors des occupants de l'été et s'imposait plus facilement aux paysans reconvertis en barmen de discothèques en plein air.

Lolita Céline parcourait la plage en tout sens, interpellait les couples, interrompait leur corps à corps en sautant de l'un à l'autre.

- Ce soir, il ne faut pas manquer ça, la baie va s'animer, tout le monde à l'eau.

Pedro et Juancito, les représentants de la Guardia Civil des plages avançaient leurs tricornes à côté du kiosque. Ils se détachaient sur un fond de planches pourries.

- Hay mucha gente esta noche.

- Tenemos que echar un ojo.

Les instructions étaient formelles, il fallait laisser les touristes s'amuser, il fallait canaliser les débordements, c'était tout. Au temps du Généralissime, les lèvres étaient l'objet d'un soin attentif de la part de tous les hommes de la Guardia Civil. Elles ne devaient émettre que certaines phrases, elles ne devaient pas se rapprocher de celles du voisin. Entre tous, les français étaient des clients à surveiller de près. A côté de ceux qui voulaient se payer une tranche de soleil sur sable moins chère que sur la Côte d'Azur, il pouvait y avoir des porteurs de messages au service des traîtres qui avaient fui le pays pour se réfugier en France. Ils se distinguaient de la masse, avec leurs airs d'intellectuels, d'autant plus isolés qu'il y avait ce mot d'ordre de boycott des vacances en Espagne. Les gauchistes français ne voulaient pas apporter leur soutien financier aux franquistes en venant manger des tapas à Alicante, alors, les sympathisants des républicains pouvaient se repérer, ils tranchaient au milieu des boeufs.

Pedro et Juancito avaient été formés à l'observation des lèvres, et ils avaient développé un sens particulier dans une pratique de plus de 20 ans. Ils reconnaissaient ceux qui allaient en jouer pour rechercher le plaisir et les manipulateurs d'information, articulant des mots qui devaient avoir des conséquences. Certains arrivaient à cumuler les deux prétentions. Pedro, ne pouvait, quant à lui, s'empêcher de classer toutes les lèvres en fonction de l'harmonie de leur dessin, de leur éclat, de leur couleur, de leur ourlet et de la sensualité qui s'en dégageaient.

Il en faisait collection, dès qu'il avait un peu de temps, il découpait tous les visages des magasines et il recouvrait des pages entières de cahier d'écolier. Il taillait dans le papier glacé et ne gardait que les parties les plus significatives. La pathétique immobilité de ces bouches qui pouvaient transmettre des invitations à la lutte et à l'amour glorifiait sa mission de chasseur de lèvres.

Bernard aperçut les deux hommes en uniforme, il savait qu'ils pouvaient mettre en danger son opération commerciale.

Le seul moyen de détourner leur attention allait être de présenter une pièce montée. Le jeu dans les coulisses serait ainsi camouflé et devrait assurer la provision de conserves. Il ne pouvait pas acheter le silence de Pedro et Juancito, cela grèverait son budget et diminuerait d'autant ses réserves pour le voyage. Et pourtant le manège de Céline pouvait éveiller en eux des envies d'intervention incontrôlables. Bernard palpa les poches de son gilet de cuir à la recherche d'un texte approprié. Trouver un prétexte politique à l'agitation vers 23h30 un 20 Juillet sur une plage d'Isla Cristina. La conscientisation devrait employer des chemins si détournés que cela ne paraissait pas le meilleur point de départ ou d'arrivée pour une campagne nocturne.

Bernard tomba sur un tract dénonçant la mauvaise répartition de l'eau sur les terres andalouses. Le problème s'était aggravé avec la sécheresse et les embalses (réserves d'eau) n'étaient pas suffisants pour tous. Mais la cohorte d'ouvriers agricoles au chômage avait le bon goût d'aller se faire voir en ville et pas sur les plages. Non, décidément le décor de maisons blanches bien entretenues à la chaux et l'abondance de fleurs dans les jardins fabriquaient des vides politiques.

En parcourant un autre imprimé sur le déversement des déchets nucléaires dans les fosses atlantiques, Bernard commença à imaginer un scénario écolo anti-impérialiste. Un sous-marin de la base américaine de Huelva escortait un cargo britannique venu immerger des containers radioactifs. Le soutien de l'armée américaine à une opération de ce type réaffirmait l'interférence de Washington dans les affaires intérieures espagnoles. Bernard imaginait quelques slogans du type :Nous voulons choisir nos rayon. Les touristes venus se bronzer aux ultra-violets réagiraient peut-être au cadeau empoisonné que s'apprêtaient à faire les anglo-américains.

Quelques « Us go home » pour orienter Pedro et Juancito sur la bonne piste, quelques phrases bien senties pour réveiller la peur atomique qui surnageait en chacun de nous, même au plus profond du subconscient beaufisé et on devrait obtenir une chaude nuit andalouse.

Bernard avait besoin là encore d'un personnage relais qui fasse office de lièvre. Il devait dénicher un agitateur potentiel susceptible de mener cet épisode et d'occuper la Guardia Civil. Il avait repéré un jeune qui semblait avoir mal négocié sa soirée avec une fille aux dentelles mauves. Elle semblait l'écouter d'un air distrait ou même ennuyé. Bernard pensait lui donner l'occasion de provoquer un événement qui pourrait attirer l'attention de ces yeux rêveurs. Tout du moins, c'est ce qu'il devait laisser espérer à ce militant potentiel.

Un instant plus tard, des traînards s'étaient regroupés. Leur discussion prenait une tournure sérieuse. Différentes conceptions stratégiques semblaient s'affronter, de loin, Bernard pouvait voir le visage entouré de dentelles mauves fixer attentivement celui qui animait avec le plus de force la petite bande en formation.

Déjà les tricornes de la Guardia Civil, telles des girouettes avaient changé de direction. Ils commençaient à lancer leur périscope d'observation pour capter la signification de ces furieux mouvements de lèvres.

Bernard pouvait se consacrer entièrement à Céline.

 

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