Extrait du roman "A contre-courant sur le Pilcomayo" sur l'hôtel Bauen

Pour atteindre l’hôtel Bauen, ils doivent prendre le trottoir de l’avenue Sante Fe qui va croiser la Corrientes quelques blocs plus loin. Leur destination est juste au bout d’une diagonale qui n’existe pas, toutes les rues se croisent à angle droit. En ce mois d’octobre, la température permet à tous les marcheurs d’être habillés légèrement. Les cafés sont pleins. Tout le monde a l’air de bien connaître son chemin, pas de touristes hagards ou appliqués. En passant devant un disquaire, Hippie lui demande si elle sait pourquoi on l’appelle par ce surnom.

- J’imagine que tu avais les cheveux plus longs, il y a quelques années.

- Oui, c’est ça, tu as gagné, mais aussi parce que je faisais de la musique avec des copains. En plus je ressemblais à un des membres du trio Manal, un des groupes les plus connus à l’époque. Si ça t’intéresse, on trouve encore leurs disques alors qu’on n’a rien gardé de notre musique à nous. C’était pas évident dans une région où le folklore était omniprésent de jouer du Rock. On reprenait des morceaux des groupes argentins de rock progressif. On voulait montrer que le Rythm&blues n’appartenait pas qu’aux Etats-Unis et on partait du chamamé traditionnel qu’on électrifiait. Au début, on ne soignait pas tellement les paroles. Je me souviens de titres comme ‘jugo de tomate’. Pendant la dictature, le rock a été considéré subversif, comme tout ce qui bougeait. Alors tant qu’à faire on s’est intéressé aux chansons de contestation, surtout à la fin du régime dans les années quatre vingt.

- Ah, c’est super, mes parents étaient hippies aussi à l’époque, mais pas trop musiciens, ils voyageaient sur un voilier que mon père avait construit.

- Et maintenant, qu’est ce qu’il fait, il est ex ouvrier du pétrole comme moi ?

- Non, pas vraiment, il est devenu vendeur dans un supermarché de livres et on s’engueule dès qu’on parle politique.

Ils arrivent rapidement sur la plus grande avenue du monde, celle qui a été nommée avec la date de l’indépendance du pays, le Neuf juillet mille huit cent seize. Cela montre un rapport particulier à l’histoire, c’est comme si en France, il y avait l’avenue du Quatorze juillet, du Dix huit juin, du Onze novembre, du Vingt deux mars. Quand la ville a été modernisée dans les années trente, on a imaginé que cette artère centrale Nord Sud soit reliée aux grands axes routiers. On en a fait une autoroute où circulent de chaque côté de la voie principale sept files de voitures. En utilisant les contre-allées, vingt caravanes défilent dans un sens ou l’autre aux pieds d’un obélisque construit avec le sable du Rio de la Plata, sans pillage du patrimoine d’une civilisation antique, mais sans hommage non plus aux cultures ancestrales des Querandies. Des Champs Elysées deux fois plus longs et beaucoup plus larges qu’à Paris, conçus à l’époque de la bagnole triomphante pour lesquelles on a englouti beaucoup de carrés de cent mètres du damier où vivaient des milliers de porteños. Camille et Hippie entreprennent la longue traversée. Ils se rassurent mutuellement. Parvenus au milieu, ils se regardent, c’est une expérience unique. Le flot est interrompu par les feux.

- C’est magique, la horde est immobilisée, c’est comme le miracle de la mer rouge, dit en souriant Camille.

Ils jettent des regards rapides vers les falaises, ces gratte-ciels de trente étages qui sont plantés sur les rives latérales avec des panneaux publicitaires sur les points culminants du damier.

- Tu imagines le monde et la force de la manifestation, quand on occupe toute la largeur. Tu verras les banderoles presqu’aussi hautes que les affiches et avec les bombos et les slogans, c’est énorme, la ville gronde, les bagnoles sont bannies, dit Hippie.

Arrivés sur le terre-plein qui sépare la voie centrale des contre-allées, ils ont le temps de souffler et de profiter de la végétation abondante. Ils marchent en oubliant l’autoroute. Devant l’obélisque, ils bifurquent dans Corrientes. Malgré les trottoirs parfois défoncés, ils se faufilent au milieu d’une foule affairée entre librairies, disquaires, théâtres, cinémas, galeries de bijoutiers et de vente d’or et de pierres précieuses, cafés pimpants, restaurant de grillades aux braseros spectaculaires. Les fresques qui annoncent les spectacles sont américano italiennes, c'est-à-dire hautes comme les immeubles pour accrocher les passants avec l’idée que le choix se fera au vu de la scène affichée et felliniennes pour le baroque des tenues, des coiffures et du maquillage. La compétition fait rage d’une salle à l’autre. Le boulevard du théâtre ne propose pourtant pas que du ‘boulevard’. A côté de « Quienquiera que hubiera dormido en esta cama » et de « Arancame la risa », Nacha Guevara est Evita pour toujours et le postier de Pablo Neruda adapté du roman de Antonio Skàrmeta vous invite à Isla Negra.

- Le théâtre argentin est très présent à Paris avec Copi, Arias, Lavelli, Goldenberg et ils sont plutôt avant-gardistes et souvent politiques. C’est assez loin de ce Broadway latino, commente Camille.

- Oui, mais vous avez nos exilés, ce n’est pas représentatif du pays médiatique et dominant.

Ils approchent de l’Hôtel Bauen. Avant  que Hippie soit aspiré par le tourbillon militant, Camille prend date pour son périple salteño. Hippie se veut rassurant :

- Tu devrais pouvoir te faire accepter. A toi de te rendre utile et de montrer que tu ne viens pas seulement pour exploiter un terrain exotique.

Au croisement de Callao et de Corrientes, la tour de vingt étages est la coopérative la plus visible du centre de Buenos Aires. Entreprise récupérée, palace aux mains des travailleurs. Après la débâcle économique et politique de deux mille un, l’hôtel a été fermé. Les propriétaires ont eu peur des émeutes du centre ville. Quinze mois de fermeture. Et, en mars deux mille trois, une trentaine d’employés qui avaient perdu leur gagne pain et vivaient d’expédients ont déboulé dans Corrientes. Epaulés par des ouvriers d’entreprises déjà récupérées et des militants de syndicats combatifs, ils ont forcé la porte du parking et se sont emparés de la tour. Guillermo raconte à Camille les événements qui sont restés gravés dans sa mémoire. Embauché comme portier après la fin de la dictature en mille neuf cent quatre vingt trois, il insiste pour dire qu’il n’a pas eu à porter les valises des assassins. Camille se rappelle qu’à Paris, un groom de l’hôtel Meurice où était descendu l’Amiral Massera, à l’époque de la dictature a refusé de porter ses valises. Il avait été immédiatement viré par la direction qui ne voulait pas offenser ce représentant de la junte argentine. Guillermo revient sur l’origine de l’hôtel, quand le pays était aux mains des militaires. YPF, le pétrole nationalisé, Aerolineas, les avions, les rues, les routes, les stades, la télévision. En mille neuf cent soixante dix huit, pour détourner le peuple de sa conscience, les militaires ont organisé la Coupe du Monde de football et ils ont voulu un hôtel cinq étoiles pour faire briller les leurs. Quatre généraux associés à un homme de main ont fait construire la tour Bauen grâce à un prêt de la Banque Nationale. Les dictateurs eurent ainsi un palace pour fêter la terreur qu’ils faisaient régner et honorer leurs visiteurs attentionnés. Le Président de la FIFA garantissait que le pays organisateur était aux standards du Mundial.

Camille se rappelle que l’équipe de France a fait le voyage au complet et que la seule manifestation pendant la compétition a été de noircir les bandes blanches de la marque Adidas pour exiger d’être payé plus. L’enjeu était de taille, le football français n’avait pas participé aux phases finales des deux précédentes coupes du Monde, il devait donc se rattraper à n’importe quel prix. Avant de quitter la France, l’entraineur avait été victime d’un étrange enlèvement. Une revendication avait été envoyée à l’AFP au nom d’un groupe qui dénonçait les complicités de la France avec la dictature et qui faisait un appel au boycott. Hors, le collectif animateur de la campagne de boycott, apprenant par la radio la disparition de l’entraineur avait réagi rapidement en prenant les devants. Ils avaient envoyé de leur côté un communiqué affirmant qu’ils n’étaient pour rien dans cette action.

Le Monde avait publié les deux communiqués côte à côte. Les auteurs du prétendu enlèvement n’ont jamais été identifiés. Cela ressemblait aux opérations de déstabilisation des mouvements de solidarité qui pouvaient être faits en concertation entre les agents de la dictature et ceux du gouvernement français. L’équipe de France a pu oublier ses malheurs, son élimination au premier tour à l’hôtel Bauen plutôt que d’aller visiter l’Ecole Mécanique de la Marine (ESMA) où les militaires torturaient les militants avec les méthodes enseignées par les spécialistes français de la lutte anti-guérilla. Avenue Libertador, à huit cents mètres du Stade River Plate. L’ESMA installé dans trente quatre bâtiments au milieu d’un parc arboré de dix sept hectares est devenu un lieu de mémoire. Camille a lu des témoignages des rares survivants parmi les cinq mille disparus passés par ce centre de torture. Elle ne veut pas visiter ce lieu sinistre. Horreur des tortures aux chalumeaux, à la scie électrique, à la gégène. Enfants arrachés à leur mère après l’accouchement et confiés à des militaires pour des adoptions forcées.

Evacuation des corps mutilés encore vivants par expulsion sauvage des hélicoptères et des avions survolant le Rio de la Plata. En mille neuf cent soixante dix huit, dans l’hôtel Bauen des militaires, Michel Poniatowski, Ministre de l’Intérieur de Giscard pouvait rencontrer le Général Harguindeguy son homologue argentin qui se vantait que son pays était le plus blanc du Monde. Il était venu négocier les ventes d’armes de la France à l’Argentine et discuter l’avancée du Plan Condor qui planifiait l’élimination de tous les opposants aux régimes militaires d’Amérique Latine. Moteurs Snecma pour équiper les avions Pucaras qui mitraillaient  la guérilla rurale, Hélicoptères Puma pour les commandos de l’armée et de la police, auto-mitrailleuses Panhard, ordinateurs Bull pour la gestion des fichiers de renseignement.

Camille voit circuler derrière Guillermo tous ceux qui sont passés à l’acte. Le hall de l’hôtel et le bar de l’entrée accueillent tous les employés devenus des patrons collectifs. Guillermo les connaît pour la plupart. Ils ont déjà fait plusieurs congrès des entreprises récupérées. C’est un pays inversé. Imprimeurs, métallurgistes, céramistes, fabricants de vêtements, de bateaux, de pâtes, de conserves, maçons, hôteliers. Qu’ils partent tous ! Just do it ! Les survivants ont occupé. Ils ont mis en marche la production. Voilà tout ! Ils ont bravé l’interdit, le tabou. Le bureau du patron est vide.

Camille pense aux Lip. En mille neuf cent soixante treize, ils avaient occupé, résisté et réquisitionné le stock de montres de leur usine déclarée en faillite. Un énorme mouvement de solidarité avait arraché une relance de l’activité avec un patron de gauche en mille enuf cent soixante quatorze. Pour Giscard, l’ami de Martinez de Hoz, le Ministre de l’Economie de la junte, l’épopée des Lip était un dangereux précédent. Il fallait en terminer, liquider cette expérience ouvrière. Pendant que la dictature argentine faisait disparaître les subversifs, Giscard a asséché les finances de Lip. Retrait des commandes de Renault, entreprise nationalisée, trahison des accords annulant la dette de l’ancienne entreprise. Nouvelle faillite. Reprise de l’occupation pour forcer l’arrivée d’un repreneur pendant encore un an. En mille neuf cent soixante dix sept, liquidation définitive de Lip. Des survivants ont créé six coopératives, dont certaines existent encore comme Lip Précision Industrie.

Festival d’énergies, ondes positives, Camille est immergée. Pays projet. Unique terre habitée émergée au Sud de la planète. Grand Sud. Elle renoue avec son rêve argentin. Liberté de créer plus que d’entreprendre. Far South. Amérique latine, méridionale. Fantasmé par des millions d’immigrants comme pays neuf où tout est possible. Recommencer à zéro. Nouvelle société. La page blanche où l’écriture des destins est plus libre qu’en Europe. Eldorado. Fleuve d’argent. Se croise la vision des colons de la conquête du désert, de la sauvagerie et de la barbarie des indiens. Pillage des ressources, négation des populations présentes dans l’espace. Réalité argentine. Poids de l’Histoire et des cultures ancestrales. ‘Civilisation et Barbarie’ écrit par Sarmiento en mille huit cent quarante cinq. Les exilés militants argentins de Paris lui avaient parlé des luttes des piqueteros, des usines occupées, des paysans sans terre, des grèves et peu des indiens. Ils pouvaient citer les Guaranis, les Mapuches, les Araucano, et depuis peu les Toba. Ils ne connaissaient pas le nom des peuples originaires des terres sur lesquelles ils avaient vécu enfants. Les marxistes analysent les modes de production dans les sociétés et valorisent les forces productives qui, selon eux sont le moteur de l’histoire. Dans l’empire romain, les principales forces productives étaient les esclaves. Les grandes révoltes menées par Spartacus ont été le fait de ces esclaves. Les romains pauvres étaient des parasites, des lumpen-prolétaires perdus pour la révolution. Les militants marxistes sont mal à l’aise avec les revendications indigènes. Amérindiens, lumpen-prolétaires, hors de l’économie ? Pour eux, les sociétés sont classées selon leur niveau de développement, des plus arriérés aux plus avancés. Les sociétés précolombiennes sont associées au mode de production asiatique. Le peuple et sa production étaient subordonnés à l’Etat représenté par l’empereur. C’est le premier stade de développement avant la société antique dominée par l’agriculture et l’esclavage qui a accéléré le progrès économique. Egypte, Grèce, Rome, Renaissance, Europe industrielle. Fil de l’Histoire. A côté, accidents, péripéties. Les classes populaires bénéficient des techniques et du progrès économique et ce sont les seuls producteurs qui ont les moyens de s’opposer aux détenteurs du capital.

Au secours, heureusement que les marxistes sont solidaires de tous les opprimés ! Ils soutiennent donc les amérindiens dans leurs luttes, mais sans fonder d’espoir sur leur apport à la révolution.

La curiosité de Camille allait vers ces luttes qui n’étaient pas dans le droit fil. Elle se ferait sa propre opinion. Mémoire des origines américaines.

Quel enthousiasme pour une occupation ! Cela parait plus simple qu’à Paris. Projet mis en actes.

Camille a besoin de cette volonté. Guillermo lui raconte comment ils ont réparé les ascenseurs, après avoir retrouvé les plans au fond d’un tiroir. Au début, ils passaient leur temps à arpenter les vingt étages par les escaliers. Pour remettre en état les chambres et tous les équipements, ils reçoivent des dons et inventent un système de troc : du matériel de construction contre le prêt de salles de réunions. Les céramistes de l’usine Zanon devenue ’Fasinpat’, fabrique sans patron fournissent le carrelage. Les travaux sont organisés avec l’aide des étudiants en architecture venus d’Israël, de Hollande et de France. En un an, ils réhabilitent les salles de réunion et une bonne centaine de chambre. Guillermo dresse un tableau un peu euphorique. Camille pense au film de Gabin à l’époque du front populaire, ‘la belle équipe’. Des copains chômeurs gagnent à la loterie et mettent en commun leur gain pour acheter un hôtel sur les bords de Marne et en faire une guinguette. Dans les difficultés, les associés du début se retrouvent à deux et leur entreprise est menacée par une rivalité amoureuse. A Bauen, ils sont une trentaine et ils autogèrent l’hôtel depuis neuf ans avec des assemblées générales où tout est discuté. Les décisions importantes font l’objet d’un vote. Les vies personnelles des coopérateurs sont parfois mises à mal. Les horaires de présence débordent largement le cadre du travail pour passer dans la sphère militante. Représentations dans les mouvements, les syndicats et les partis. Des personnalités se révèlent avec les opportunités. Du ménage à la comptabilité. De la réception à la cuisine. De la mécanique à la direction de la coopérative sous contrôle strict des collègues associés. Ils investissent collectivement dans la formation pour faire face à leurs nouvelles charges. Dans l’incertitude, ils tiennent grâce à la solidarité. Le piano bar de l’accueil dont les fresques ont été peintes par des artistes sympathisants est baptisé Utopie. La pièce de l’association des mères de la Place de Mai est jouée plusieurs mois dans l’auditorium de l’hôtel. L’activité augmentant, ils créent une centaine de nouveaux emplois sans droit de vote en assemblée. Conflits, remises en cause des principes égalitaires, puis changement de cap. Les historiques ne s’octroient plus de statuts privilégiés. L’émancipation bouscule les égos, les espaces de pouvoir. Individualisme, jalousies, mesquineries, motivations inégales se mêlent de la partie. Guillermo dit que parfois il en a marre, mais en même temps, il ne peut plus se passer de ce lieu de travail devenu aussi lieu de parole. Il est fier que la tour ait bougé sur l’échiquier. Vitrine de la dictature exploitée par un pilleur de salaires, videur de caisses qui a réinvesti les profits dans un hôtel flambant neuf à côté, le Suite Bauen sans jamais rembourser le prêt de la Banque nationale. Guillermo lui rappelle que Zanon a connu une situation similaire avec l’ancien propriétaire recevant des aides généreuses pendant la dictature et menant l’usine à la faillite et les ouvriers au chômage après avoir aussi vidé les caisses. Des patrons ont parfois déménagé par surprise les machines en laissant les ouvriers sans leur outil de travail, pour faire un ultime profit sur les dépouilles de l’usine et pour éviter les productions barbares sans eux.

 

Hippie, sorti de la salle de réunion pour prendre un café, s’approche et incite Camille à assister à la discussion sur le mode d’organisation des coopératives et de leurs rapports avec l’Etat. Camille fait un signe à Guillermo en lui disant qu’elle aimerait bien reprendre sa conversation plus tard.

Elle suit Hippie dans l’auditorium où elle découvre une centaine de participants qui créent une nouvelle société. Ils représentent tous plusieurs dizaines de collègues. Ils ont chacun acquis des responsabilités dans des luttes dures. Celia de Brukman, la couturière capable de prendre la parole à la tribune devant des centaines d’auditeurs, Raoul Godoy, l’emblématique syndicaliste de Zanon avec sa casquette à visière sur la nuque, Patricia Torti de la Clinique Junin. Ils ont survécu à de multiples tentatives de déstabilisation, d’assaut des forces de police. Ils se sentent légitimés dans leur action, soutenus par un large mouvement de solidarité. Graves, habitués à faire face aux urgences et aux menaces, ils paraissent déterminés. Leurs regards brillants laissent percer la fierté des combats réussis, le désir d’aller plus loin et l’audace de ceux qui savent transgresser les limites de la légalité. Et pourtant, ils écoutent attentivement l’avocat qui expose en détail les perspectives d’expropriation des propriétaires déclarés en faillite en faisant le point sur toutes les procédures en cours. Le calme de l’assemblée tranche avec l’agitation régnante dans le bar et le hall. Foot, plaisanteries, asados, tirades sur la corruption des politiques, embrassades et coups de gueule. Dans l’auditorium, la discussion s’anime sur le mode de gestion entre ‘étatisation sous contrôle ouvrier’ ou ‘coopérative’ avec capitalisation ouvrière. Camille se familiarise avec cette alternative qui divise les entreprises occupées. Ensuite, Marcelo de l’hôtel Bauen présente leurs pratiques sur les salaires, la gestion des horaires. Camille ne peut plus rester.

 

Présentation du roman "A contre-courant sur le Pilcomayo"

 

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