Nos ancêtres les Gaulois : une formule impérialeNos ancêtres les Gaulois : une formule impérialeNos ancêtres les Gaulois : une formule impériale

Dominique Garcia, Président de l’INRAP, donne une conférence sur les territoires de la celtique méditerranéenne le 2 juin 2016 à 18 heures au musée d’Arles antique.

César et l’empire romain fondé après la conquête des territoires celtes ont imposé l’appellation Gaule pour désigner un espace situé à l’ouest du Rhin, entre les Pyrénées, les Alpes et la mer du Nord. Ils ont utilisé le terme celte « Gallia » qu signifiait « force, bouillonnement » et ils l’ont rapproché du terme latin « Gallus » coq. Le deuxième empire français de Napoléon III s’est emparé de cette histoire pour glorifier une identité millénaire française opposée à celle des voisins allemands. Et la Répubique a imposé dans les écoles de ses colonies ce slogan « Nos ancêtres les Gaulois » insupportable pour les Africains et les autres peuples colonisés qui n’avaient rien de Gaulois.

Pourtant les peuples qui parlaient le « celtae » et vivaient des deux côtés du Rhin depuis au moins la fin de l’âge du bronze (-1000 avant JC) d’après les travaux archéologiques les plus récents se désignaient eux-mêmes par des noms celtes comme les Parisii en région parisienne et les Rauraques dans un espace devenu l’Allemagne actuelle et non pas comme des Gaulois. La méconnaissance de la culture celte due au petit nombre d’écrits découverts émanant des peuples celtes de l’antiquité et les falsifications historiques ont permis de sublimer les bienfaits de l’occupation romaine. Les défenseurs de la colonisation ont clamé la supériorité de la civilisation romaine sur la civilisation celte défaite militairement. Cette hiérarchie civilisationnelle est ensuite devenue la justification des colonisations menées par la République française au nom de l’apport de ses valeurs universelles.

Outre que le classement hiérarchique des civilisations est insupportable, les Celtes apparaissent au vu des dernières découvertes archéologiques assez loin des images véhiculées par l’histoire ancienne et Astérix : des barbares vivant de la chasse dans des villages formées de huttes et taillant les menhirs. Sans formuler une liste exhaustive de leurs avancées technologiques, on peut citer la moissonneuse de céréales (un véhicule avec un râteau fixé à l’avant qui fauche les épis (visible au Mucem à Marseille), les tonneaux, les cottes de maille, le travail métallurgique sur des épées très performantes pour l’époque, la construction des bateaux à coques retournées, des charpentes très sophistiquées pour les mines de fer et d’or et pour des bâtiments en bois de plusieurs étages, des villes de plusieurs milliers d’habitants, toutes les formes de cultures, y compris la vigne, les pantalons, etc…, le calcul astronomique et prévisionnel avec un type de machine à calculer (calendrier de Coligny), la transmission de messages par signaux sur des relais.

L’archéologue historien Dominique Garcia, Président de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) depuis deux ans donne une conférence sur les territoires de la celtique méditerranéenne le 2 juin 2016 à 18 heures au musée d’Arles antique presque entièrement dédié aux découvertes archéologiques du monde romain à Arles et dans sa région. Dominique Garcia a exploré la présence celte plutôt que gauloise sur le pourtour méditerranéen, là où on l’attend peu. De très nombreux sites celtes ont été découvert et bien explorés ces dernières années grâce à l’archéologie préventive, de Lattara près de Montpellier où l’on produisait déjà du vin au Vème siècle avant JC, à Saint Blaise et Martigues, près de l’étang de Berre, de Roquepertuse près de Velaux à Entremont près d’Aix en Provence et Arelate (devant les marais en celte) le site d’Arles.

Reconnaître la culture celte dans l’espace devenu celui de la France, c’est d’abord rétablir une vérité historique et ensuite réaffirmer la diversité des origines de la langue française et de sa culture.

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